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Contre transfert

Une des qualités de base du psychanalyste Ce n’est pas le clinquant d’un diplôme universitaire, même prestigieux, qui fait un(e) analyste mais sa capacité à maîtriser son contre-transfert et à se refuser toute satisfaction et qui pourrait nuire à son(sa) patient(e). Cette capacité, essentielle pour l’émancipation du patient, ne peut pas se faire sans des qualités de générosité, d’amour [1], de renoncement aux satisfactions névrotiques (prise de pouvoir par le savoir par exemple, voire très grave : manipulation du transfert pour rendre l’analyse interminable). Il sait repèrer le tempo dans le cours de l’analyse qui permet à l’analysant(e) d’entendre telle ou telle intervention qui lui autorisera une prise de conscience assimilée/intégrée qui pourra alors permettre une mutation. De micro-mutation en micro-mutation, l’analysant(e) va vers sa libération en s’émancipant et en sortant de ses cercles vicieux alienants. Je pratique une psychanalyse freudienne avec comme principe de base la recherche étiologique dans l’enfance des déformations de l’esprit (je préfère ce terme générique à ceux de névroses, psychoses et perversions dans la mesure où les trois tendances sont toujours mélangées et qu’un diagnostic psychique est très imprécis sinon scientifiquement impossible [des études auprès de psychiatres ont montré à quel point un diagnostic psychique est aléatoire en trouvant des résultats contradictoires auprès de la même cohorte de patients : Une difficulté existentielle n’a rien à voir avec l’idéal d’une étiologie médicale d’une maladie infectieuse par exemple : à tel symptôme tel agent pathogène toujours identique]). J’essaye d’être le plus présent possible pour l’analysant(e) ainsi que le plus bienveillant, donc j’aménage le setting analytique pur et dur de la neutralité à tous crins trop déstabilisant à mon goût et qui veut un analyste muet et angoissant. Une analyse est une entreprise méritoire et très difficile : je considère la personne en analyse comme digne du plus haut respect et plus particulièrement ayant droit à un engagement réel de l’analyste dans le sens d’un mieux-être. Même si c’est une gageure insensée (la résistance de l’humain au changement est stupéfiante [c’est un des thèmes majeurs de mon livre Les ombres de l’angoisse]), je pense que la souffrance qui motive toujours une demande d’analyse (même parfois à l’insu du sujet qui allègue une simple curiosité) doit être considérée comme insupportable par le psychanalyste ce dernier doit mettre toute son énergie à sortir le sujet de l’océan de douleur dans lequel souvent il se perd et tourne en rond. Le psychanalyste ne peut pas promettre une guérison dans un processus aussi mystérieux et aléatoire qu’une psychanalyse mais dans lequel, je le répète, il doit tout mettre en œuvre pour ouvrir des perspectives de mutation et de progrès pour l’analysant(e). Dans ce sens la guérison arrive, souvent par surprise. Pour moi, une psychanalyse n’a aucun intérêt si le but n’est que l’acquisition d’un savoir sur soi-même sans résultat pragmatique dans la vie y compris et surtout peut-être au quotidien.