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Emmanuel Macron ou La FAILLITE du SURMOI

Analyse psychanalytique d’Emmanuel Macron ou La FAILLITE du SURMOI.

Psychanalyste, co-fondateur du Cercle Psychanalytique de Paris, membre de la FF2P, praticien en Hypnose Ericksonienne, spécialiste en synergologie (communication non verbale), je n’ai pas de promotion de livre à faire contrairement aux commentateurs qui font du «politiquement correct» de peur de ne pas se vendre ; je vous livre donc sans filtre, après 2 années de mandat, une démonstration, la révélation d’une structure psychique remarquable, celle du Président Emmanuel Macron ; cela par l’intermédiaire d’une analyse technique, sémiologique, sémantique, psychanalytique et politique de son dernier discours, intitulé : CONFÉRENCE DE PRESSE À L’ISSUE DU GRAND DÉBAT NATIONAL – PROPOS LIMINAIRE – 25 AVRIL 2019. «SEUL LE PRONONCÉ FAIT FOI».
Chacun doit pouvoir se faire son opinion et se forger sa propre conviction mais chacun doit pouvoir, pour ce faire, accéder à un contenu technique, écrit, posé et franc. C’est pourquoi… Ici, les écrits restent.
L’analyse psychanalytique se fera notamment par la coupure des chaines signifiantes comme l’aphorisme bien connu de Jacques Lacan le révèle: « L’Inconscient est structuré comme un langage » ; ce qui justifie et corrobore les jeux de mots que vous aller lire, les éléments analytiques remarquables qui font sens.

Qualifié par les commentateurs «d’athlète de la langue française », Emmanuel Macron nous donne du contenu, surtout en longueur. Sa performance « père-formance », tentative de former en direct, une image de père, relevée et sans cesse répétée par les observateurs n’est que la tentative « l’attente-hative » de l’homme pressé, d’un évitement « évite-et-ment », du seul vrai objet qui devrait être le sujet de son allocution : le devenir du peuple français.

Posons le cadre : Conférence de presse « à la maison » pour être en sécurité, décorum pour essayer de «faire comme», à la manière du Charles de Gaulle et dans l’intention de se donner une dimension identique, en référence à la dernière conférence du Général de Gaulle, devant plus de 1000 journalistes du monde entier, le 9 septembre 1965.
Ce président cherche donc déjà ainsi à s’identifier au Général de Gaulle. A prendre, dès lors, la place du père de la Véme République.
Son discours commence par « J’ai souhaité vous rencontrer devant les Français qui nous écoutent et nous regardent ». Le ton est donné : Il s’adresse à la presse, à ces ministres, à ceux qui sont…, et ici devant lui, choisis et légitimés par lui, puis, et ensuite seulement … aux français. Sur 2h25 de prise de parole et non d’allocution présidentielle, il n’y a qu’une trentaine de minutes de consacrée aux réelles attentes des français et notamment à celles des Gilets Jaunes. Le reste n’est que machine à phrase en mode hypnotique. C’est ce que l’on appelle le Milton modèle. (1) . Il répète sans cesse les mêmes injonctions pour convaincre, se rassurer et finalement créer de la confusion mentale.

Les répétitions narcissiques à la manière de « miroir, ô mon miroir, qui est la plus belle » montrent à l’inverse une grande fragilité narcissique, psychologique. En voici, sur plus de 90 emplois de la première personne du singulier, le «je», quelques exemples qu’il utilise sans modération. Par ordre d’apparition dans ce discours officiel : « J’ai souhaité vous rencontrer devant les Français », « je me suis personnellement», « je dois dire la grande fierté qui est la mienne », « j’ai moi-même », « J’ai beaucoup appris et cette fierté que j’évoquais m’a convaincu », « j’ai un moment cru moi-même que leurs protestations n’étaient pas totalement légitimes », « je voulais rassembler pour dire un peu ce que j’avais compris et entendu », « Je me suis posé la question », « Je crois tout le contraire », « je pense très profondément », « je le crois très profondément », « je crois dans la définition plus profonde », « Je crois que ce à quoi aspire très profondément le peuple français », « quand je regarde nos voisins », « Moi je suis convaincu que sur les sujets que j’évoquais », « J’ai été touché, ému en tant qu’ancien haut fonctionnaire », « Il se peut que j’aie cotisé moi-même », « Je souhaite que nous mettions fin aux grands corps. Je pense que nous avons besoin », « Nous l’avons tous entendu et je l’évoquais », « et je dis ici avec force », « Je crois très profondément à l’asile », « les nouveaux choix que j’ai demandés », « Je pense que c’est une bonne discipline », « parce que je crois que c’est ainsi », etc… etc… plus de 90 fois «je».
Incroyable. Non… symptomatique.
Le Général de Gaulle parle organiquement à la 1ére personne du pluriel le « nous », ou du singulier : « Il ou Elle, la France ».

Cette façon de s’exprimer, ce verbatim, ces rabâchages harcèlent littéralement l’auditeur qui d’après lui, apparemment ne peut rien comprendre ou pire ne veut pas comprendre et surtout… doit comprendre.
Ces tournures dénotent d’une volonté narcissique et égocentrique d’imposer son désir. Imposer car il n’a pas cette autorité naturelle tant désirée par les citoyens, feignant toujours plus «la considération» (il emploi ce mot, ce signifiant, de très nombreuses fois) pour pallier un manque d’estime, de connaissance.
En linguistique saussurienne et Lacanienne : « con » signifie le lieu des pulsions (le con de la femme, l’origine du monde) – Sidération est à associer à l’ «action de sidérer ». Il sidére donc ainsi les pulsions des autres.
Quand à sa paternité, c’est bien là que commence le problème, le conflit, son symptôme. Je ne vais pas y aller par 4 chemins tellement la chose est sérieuse… Cela va être dur à entendre pour les femmes… E.Macron n’a jamais été père et ne le sera jamais. Il a épousé une femme qu’il assimile inconsciemment (Et aujourd’hui peut-être consciemment) à sa mère. Je rappelle : L’Oedipe, qui structure tout être humain parlant dans son développement, est le désir inconscient de tuer son père pour aimer sa mère, être aimé exclusivement par elle. L’on sait que le père d’E.M a failli ne pas venir à la cérémonie d’investiture de son fils, ils ne partagent pas les mêmes convictions politiques, s’opposent par celles-ci. Il l’a «tué» en devenant président. De surcroit, il a épousé une mère, beaucoup plus âgée que lui, de 24 ans. Mais le plus marquant, c’est la perversion, le mot est lâché, qui consiste à pousser le sordide jusqu’à rester avec sa femme pour la voir vieillir bien avant lui, la voir se flétrir, constater sa déchéance (au sens gériatrique et médical du terme). E.M (les initiales de ce narcisse) ou En Marche pour La République d’Emmanuel Macron est un passage à l’acte, une transgression totale par sa structure perverse relevant une absence de surmoi dans son système inconscient… Au final, il n’aime pas les femmes et jouis de voir « la sienne » mourir devant ses yeux. Adepte du « et en même temps », il propose à voir ce spectacle et montre en arrière plan une sexualité fantasmagorique qui nourrit tous les fantasmes de ses observateurs, des spectateurs, des français. C’est une forme d’exhibition morbide.
Il déclare : « le mouvement des gilets jaunes qui a dit sa colère, son inquiétude, qui a dit aussi son impatience que les choses changent plus vite, plus radicalement et que le peuple français puisse avoir sa part de progrès dans un monde incertain et où il faut bien le dire, il a eu le sentiment durant plusieurs années de plutôt subir des reculs ».
Pour avoir écouté et entendu les revendications des Gilets Jaunes, je ne pense pas qu’ils veulent que les choses changent radicalement et que ce « progrès » leur conviennent, qu’ils en veulent leur part… Emmanuel Macron a perverti leur message en les intégrant à sa volonté. C’est bien la perversion du signifiant progrès « pro-gré » qui est présentée dans cette phrase. Elle élimine le sens de l’autre.
« La perversion narcissique : c’est réduire l’autre à néant» dit Marie-France Hirigoyen.
E. Macron a raison, il a sa raison que la raison ignore : « le progrès est en marche », le progrès c’est moi, Emmanuel prénom bisexué, au nom totémique Macron, prédestiné, la macro-économie, le macronisme ; la dynamique du monde mondialisé globalisé où tout est mélangé. Jupiter veut devenir un satellite terrestre, celui qui diffuse l’information, la vérité, sa vérité qui est celle d’un « grand Autre », celle des puissants du monde, qu’il désire incarné ; et cela, justifié et renforcé par l’inexorabilité d’un progressisme.
Le peuple ne sait pas, n’a pas compris. Tout comme l’élite à laquelle il prétend appartenir, il veut les réduire, les détruire, supprimer l’E.N.A qui l’a engendré. L’homme court après son symptôme : la peur de l’avenir, la peur des responsabilités familiales, la peur de vieillir, de mourir. L’espoir que l’argent et le pouvoir lui permettraient d’être un « homme augmenté », un homme transgénique à l’intelligence artificielle ? E. Macron n’a jamais regardé une plante pousser, n’a jamais pris le temps, en atteste son parcours. Il est mû par une forme de « suicide de la mort ». Il veut aller vite, toujours plus vite. Il voudrait être le maître des horloges alors qu’il ne peut être que le maitre du moment, le « mot-ment », comme disait Jacques Lacan : « le moment de conclure ».
De surcroit, il parait qu’il est intelligent ? Souvent à défaut d’être intelligible … Les journalistes l’ont dit : « Il est très intelligent », comme tout pervers. C’est encore une caractéristique qu’il possède. Mais là n’est pas tout le nœud deu symptôme… C’est la faille narcissique qui pose aussi question.
Néanmoins, je vous rassure, E. Macron n’est pas malade comme le dit si bien Marie-France Hirigoyen : « La perversité ne provient pas d’un trouble psychiatrique mais d’une froide rationalité combinée à une incapacité à considérer les autres comme des êtres humains. (…) il s’agit de prédation, c’est-à-dire d’un acte consistant à s’approprier la vie. »
Le projet européen qu’il défend avec ardeur est l’acmé de sa symptomatologie. Dès sa campagne, l’Europe était son cheval de bataille, ou plutôt son cheval de Troie pour rentrer dans l’esprit des citoyens. L’Europe selon E. Macron protège, défend et aide à construire un avenir meilleur. L’acte pervers consistait à faire croire que c’était et que c’est encore aujourd’hui, veille d’élections, la solution à toutes les angoisses et peurs du peuple français. Peuple qui selon lui, doit y voir sa sécurité retrouvée, récupérée, face au monde sans pitié où la guerre économique fait rage et bien sûr veut « sa part de progrès ».
Réponse macrophagique au chaos mondial : L’Europe, qui serait en plus l’Union Européenne ; car c’est moi, E. Macron, qui le dit.

En outre, l’U.E divise, est divisée et ne parle pas sa langue maternelle. Parfait pour E. Macron qui veut régner et voit dans l’anglais la langue du business, la langue de l’argent roi, du capitalisme impérial, impérieux ! Vite, vite, vite. Faites moi le roi de la consommation qui vous fera jouir, vous donnera «ô ignorants» du vrai sens à votre vie. En fait, le senti-ment d’exister mais pas d’appartenir, de prendre du plaisir mais pas de jouir, de savoir mais de ne pas croire…car dieu n’existe pas, la femme non plus, il n’existe qu’un homme providentiel.
Cette construction du Réel se fait passer pour vraie et cela est suffisant, en toute impunité. C’est un viol intellectuel. La victime, l’autre, Notre-Dame France, la Patrie (pater, le pére) est refoulée et sa parole rabaissée en terme de vérité vraie. Elle est peut-être vraie mais passe après ma vérité qui est supérieure ! Les Gilets Jaunes n’ont rien compris. E. Macron n’a pas de surmoi, c’est un bulldozer qui creuse des accès à la mine d’or qu’est l’Europe pour les exploiteurs de préciosités.
Le surmoi, réalité psychique, instance de la personnalité (selon Freud entre autres) agit sur le moi comme moyen de défense contre les pulsions, il se développe à partir des interdits parentaux. Il découle de la résolution du complexe d’Œdipe : l’enfant assume les interdits du parricide et de l’inceste et s’identifie au parent du même sexe. En intériorisant ainsi l’autorité de ce parent, l’enfant le tue symboliquement ens’emparant de sa sphère d’influence et en rendant en quelque sorte ce parent superflu. Mais…pas de surmoi, pas de résolution, pas d’autorité en tant qu’être parlant en son nom propre. Avec la faille narcissique et c’est la faillite du surmoi qui opére alors. « Ô père tout puissant, toi qui … ».
Quand EM dit exactement : « Une gare, c’est un lieu où on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien. Parce que c’est un lieu où on passe. Parce que c’est un lieu qu’on partage».
Son surmoi n’opère pas. Il est alors immoral, cynique et manipulateur notamment quand il parle de passe (pour forcer le passage) et de lieu de partage (pour imposer et forcer à partager sa conception des choses). Phrase prononcée spontanément, c’est ainsi que son inconscient parle sans filtre.

Cette faillite du surmoi qui force à l’autoritarisme, ce qui est totalement différent de l’autorité, qui fait passer une « con-fusion », la fusion des pulsions, pour la réalité est peut-être en ces temps ce qu’il faut à la France, peut-être ce qu’il faut comme réponse à l’angoisse du peuple face à la mondialisation. Mais seulement, et seulement si, le moi de l’identité française est tenté par la soumission à ces mots, à ses maux.
Il faudra bien à un moment ou à un autre parler du principe d’identité que Martin Heidegger décrit dans «Être et Temps» et de son rapport à l’être, ou au désêtre, à l’Autre comme déterminant paradoxal. Ce fameux « être français », « parlé français » qui est toujours vivant, je l’affirme, je l’écris, je le crie ! comme vivant est un participe présent.
Je reviendrai pour ça, vous écrire ici et notamment vous parler du « grand refoulement ».

Le Milton Modèle est l’ensemble des procédures langagières hypnotiques employées par Milton Erickson. Richard Bandler et John Grinder les décrivent dans leur livre « Patterns of the Hypnotics techniques of Milton Erickson, vol 1 Bandler, Grinder, Meta-Publications, 1975.