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L’analyse, La Cure

Si l’inconscient est dialectiquement producteur de formations douloureuses et parle par des symptômes, la parole peut donc aussi métamorphoser ses formations (angoisse, peur, dépression…) en formations satisfaisantes (comme l’énergie, la jouissance, la tranquillité) d’où la technique psychanalytique de la « cure par la parole ».

Le principe curatif de la psychanalyse est la règle fondamentale. Elle consiste au cours des séances à appliquer systématiquement la « libre association » des signifiants. Ce sont des éléments du discours qui représentent la personne et la déterminent. Ils raisonnent dans son inconscient comme l’écho d’une voix d’outre-tombe. Ils sont propres, ainsi que leur organisation, au référentiel du patient.

L’étude de l’inconscient, avec sa méthode d’investigation et de cure qu’est la règle fondamentale je le répète !, constitue le carburant, l’essence même de la psychanalyse.
La cure psychanalytique enseigne le bon usage du refoulement, elle débarrasse de la peur, de l’angoisse, des déblocages, des inhibitions, des dépressions, de tout ce qui nous entrave et qui ne relève pourtant ni de la physiologie, ni de la morale. Elle brise la répétition.
Les concepts de la psychanalyse ne constituent pas une grille que l’on pourrait appliquer sur la réalité pour la décrypter. Ce sont simplement des outils à couper, à rompre, à trancher symboliquement, des nœuds de parole et de significations, des outils à sectionner des mots et des sens, et à les renouer de manière à ce que le souffle de l’inconscient se remette à circuler de façon satisfaisante. Psyché, en grec, signifie « esprit » et analysis, « souffle vital » c’est l’épouse éternelle d’Eros.

L’inconscient est structuré comme un langage….

Premier rendez-vous, Prise de contact

Il survient après un premier contact téléphonique. Les paroles échangées permettent de connecter ou pas les 2 inconscients en présence. Il arrive que l’on s’entende déjà. Pour ma part, je sais tout de suite si cela va passer ou non. Néanmoins, parfois, l’état d’esprit de la personne en demande peut être empreint de résistances et certaines structures névrotiques peuvent tenter de faire test à ce premier écho.

Ce premier rendez-vous est fondamental. Il va permettre de poser les bases du travail. Il se fait très souvent de visu. C’est à ce moment que je réponds à toutes les premières questions du futur analysant ou pas.

  • Comment ça se passe ?
  • Est-ce que vous pouvez quelque chose pour moi ?
  • Combien de temps dure une séance ?
  • Combien de séances ?
  • Combien de temps va prendre ce travail pour que je sorte de ce problème ?
  • Ça coûte combien ?

Etc … Etc …

Cet entretien est donc déterminant. Le prix notamment de la séance est fixé. Là, pas question de grille tarifaire comme l’on peut le voir sur beaucoup de sites de « psychanalystes ». Il n’y a pas d’arbitraire !
Si ça ne « matche » pas, la séance n’est pas payante et c’est terminé. Mais c’est très rare ; bien souvent cela relève d’une résistance plus ou moins surmontable ou encore si l’on a affaire à un pervers qui vient tenter de jouir. il reviendra ou pas quelques jours plus tard et entamera alors son analyse.
Le prix est notamment fixé en rapport avec la valeur symbolique du temps investi par la personne pour s’entendre de façon juste. C’est primordial que le patient paye lui même sa séance. Le montant doit être fixé lors de la première consultation. Il ne peut être pris en charge par quelque organisme social que ce soit. Il représente le temps que vous investissez dans votre vie sociale. Dans l’inconscient, l’argent c’est du temps et non pas comme pour le conscient ou la névrose où là, le temps c’est de l’argent…

C’est très important, un-port-temps. C’est ça qui va porter, vous trans-porter.

Par rapport à la « posologie », elle dépend de l’état du demandeur. Si la phase est aigüe, il peut venir tous les jours. L’analyste doit se rendre disponible. Il doit aussi adapter les horaires des séances en fonction des résistances du patient (pourquoi pas très tôt le matin pour un fumeur de cannabis ou un game-addict qui se couchent tard…). Si celui-ci a de l ‘expérience sur la pratique de son inconscient, s’il est en régulation, il peut venir toutes les semaines, 2 semaines.

Quant à la durée des séances elle varie généralement entre 20 minutes et 75 minutes. Cela dépend là encore de la phase dans laquelle se trouve le patient. De ce qu’il sort. De son degré d’avancement, de son énergie, de ses résistances. Parfois, il faut couper, arrêter là. Parfois, il faut épuiser, essorer, vider.

Ça se fait de façon inconsciente et de manière transférentielle. De plus, comme la relativité temporelle, le réel l’impose, une heure peut paraître 10 minutes et dix minutes, une heure…

Les règles du travail

Les règles, pour un bon travail :

Vous devez suivre quelques règles qui peuvent vous sembler bizarre mais on peut toujours en discuter.

  •      Considérer que votre vie inconsciente est plus riche, plus importante, plus essentielle que votre vie ordinaire, consciente, sentimentale et professionnelle.
  •       Considérer vos séances comme le moment le plus important de votre existence. Toute séance manquée, ratée est due, quelque soit la raison apparente. Le paiement se fait en espèces, le paiement fait partie du traitement. L’argent c’est votre temps (du temps) et non pas l’inverse pour le conscient (le temps c’est de l’argent). Il ne doit pas être remboursé par les mutuelles ou par la « sécurité sociale ». Il représente votre effort, votre investissement dans la société dans laquelle vous vivez. Le prix de la séance est fixé par l’analyste en fonction de la valeur du temps, bien souvent de travail, que vous investissez pour vous écouter sans vous mentir.
  •       Suivre la règle fondamentale (celle de l’Association libre), c’est-à-dire : dire tout ce qui vous vient à l’esprit en suspendant systématiquement tout jugement sur vous-même, sans se censurer.
  •       Pratiquer le développement de l’attention à ce que vous rêvez, à vos actes manqués, vos lapsus, vos oublis, à vos fantasmes, vos inhibitions, vos angoisses, vos procrastinations, à toutes les manifestations involontaires, si futiles soient-elles, de votre vie quotidienne.
  • S’entraîner en séance à la pratique des associations libres, c’est-à-dire à associer sans gêne les éléments les plus disparates de votre propre vie, passer du coq à l’âne, mettre votre main à couper au feu, etc… Pour créer comme Picasso par exemple avec ses sculptures ou comme Markus Raêtz avec ses angles de vue, de véritables œuvres d’art ; car vous pouvez faire par vous-même et pour vous-même de votre propre vie une œuvre d’art. La psychanalyse n’est pas (c’est le kinésithérapeute (kinesis veut dire mouvement) qui parle) une orthopédie de plus pour le conservatisme social, mais la voie réelle menant aux richesses refoulées de votre inconscient. 

Les résistances

Les résistances ou plutôt la résistance est, avant tout, ce qui fait obstacle au travail de la cure. Cette notion pour Sigmund Freud, désigne l’effet que produit dans la cure le refoulement lui-même, soit à dire, l’ensemble des phénomènes qui entravent les associations « pas libres alors » et provoquent même des silences.

Il est cependant nécessaire, à mon sens, de faire intervenir la question du transfert. Lorsque le patient s’approche trop du fond du problème, il reporte bien souvent sur la psychanalyse ou sur l’analyste lui-même ses préoccupations. Celles-ci se manifestent sous forme d’attitudes agressives ou tendres qui ne sont rien d’autre que des expressions de ses propres inhibitions, symptômes et angoisses qu’il n’arrive pas alors à verbaliser.
Le transfert fonctionne alors comme résistance, lieu où le sujet répète ce qui pour lui fait obstacle.

Car entreprendre une psychanalyse n’est pas facile.
C’est dur de vaincre ses résistances pour prendre la haute mer de l’inconscient et quitter la tranquille certitude des côtes sereinement établies sur la confusion des genres.
C’est difficile de rompre avec le conformisme moralisateur et la langue de bois du moi et des systèmes théoriques et il n’est pas aisé de creuser profond tout en s’attachant à la surface des choses.

Il n’est pas simple de « distancifier », pas commode de trouver les mots, les moins faux possibles, pour parler véritablement de soi.
Changer le paradigme de l’inconscient ne se fait qu’à l’arraché. Quand l’humeur est aigrie, triste et inféconde, c’est que l’inconscient est coincé et pour le libérer (analyse signifie libération) vous n’avez comme arme que ces seuls « objets dont le néant s’honore (sonore) », c’est-à-dire les mots.

Pour Jung, et j’aime bien sa position, la résistance prend valeur d’un concept propre au cadre de la psychologie analytique. Ce concept désigne alors le fait de ne pas être ouvert à soi, à sa réalité et à la réalité extérieure. Et finalement, de rester en lutte d’abord contre soi-même mais aussi, finalement, contre le reste du monde. Il s’agit, pour le sujet, de rester dans une forme d’aliénation, fut-elle légère, à l’exemple de la névrose. C’est dans son ouvrage « L’homme et ses symboles » que Jung illustre ce qu’est une résistance ; d’ailleurs, il rend hommage dans cet ouvrage à Freud, pour son travail sur cette notion psychanalytique.

Dans la perspective jungienne, questionner l’inexistence de ce concept (ou d’un autre) et refuser de discuter avec soi-même, se nomment « être en résistance ». Il parle de misonéisme au sujet de nombreuses découvertes des sciences.

Exemple de résistances (ou misonéisme selon Jung) :

  • Celui qui nie l’existence de l’inconscient suppose, en fait, que nous connaissons aujourd’hui totalement la psyché. Et cette supposition est d’une fausseté aussi évidente que la supposition que nous connaissons tout ce qu’il y a à connaître de l’univers physique.
  • Notre psyché fait partie de la nature et son énigme est aussi dépourvue de limites. Il en résulte que nous ne pouvons définir ni la psyché, ni la nature. -C.G. Jung- « L’Homme et ses symboles » , Robert Laffont, 1964 p 23.
  • Bon nombre de personnes ne croient pas que l’inconscient existe ou qu’ils possèdent une vie intérieure. On dit alors qu’ils sont en résistance, cette résistance à eux-mêmes se manifeste aussi dans les prises de position anti-analytique ou anti-psychologique de certains, c’est ce que l’on nomme le misonéisme.
  • « La psychologie est une science des plus jeunes et parce qu’elle s’efforce d’élucider ce qui se passe dans l’inconscient, elle se heurte à une forme extrême de misonéisme. »-C.G. Jung-  » L’homme et ses symboles « , Robert Laffont, 1964 p 31.

Après l’on peut citer des exemples plus pratiques de résistances:

– Se mentir et tourner autour du pot. Bon, bien souvent il faut passer par des détours! mais quand même… Après c’est à moi de faire en sorte que….

– Évidemment : Oublier de venir à sa séance. Tous les stratagèmes sont bons… Après… Il y a parfois du hasard ! du réel ! Je précise tout de suite cela pour les véritables escrocs de « psy » qui font payer la séance sans réelle raison ou par autoritarisme. Bon sang ! on l’entend ! Au téléphone si le retard du métro est vrai et encore si l’analysant est parti assez tôt ! Enfin s’il a tout fait pour venir à sa séance… On le sait immédiatement.

– Arriver en retard à chaque rendez-vous (pour écourter l’épreuve de la séance).

– Tomber malade histoire de « souffler un peu ».

– Interrompre l’analyse sans chercher à comprendre pourquoi on réagit ainsi. Cette dernière résistance est la plus grave, car en reculant devant l’épreuve, on renforce encore plus ses résistances, et on encourage une répétition future.

– Parler théorie psychanalytique plutôt que de parler de soi-même.

– Oublier de noter ses rêves ? Ou bien le contraire ! Venir avec un rêve à chaque séance.

– Ne pas repérer ses expressions de l’inconscient, actes manqués, oublis, etc..

– Dire que l’on n’avance pas (alors que quelques minutes après on se rend compte que l’on a bouleversé ses fonctionnements).

Le déroulement de la cure

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Concernant la durée de celle-ci ? Combien peut durer la thérapie ?

Cela dépend de la demande. Là encore surtout pas d’arbitraire, cela serait mentir ou ne rien n’y connaître… !!!

Initialement la personne peut venir pour un problème plus ou moins superficiel, comme par exemple une mycose génitale persistante ou des cauchemars récurrents; là, cela peut prendre, par exemple, couramment 2 ou 3 mois. Après, la liberté de poursuivre l’analyse incombe au demandeur, à ses résistances.

Cela peut aussi durer 1 an ou 2 pour sortir d’un trouble plus enkysté comme l’anorexie ou un problème de fécondité, le désir d’arrêter de fumer, etc…

Encore cela peut durer toute la vie, si l’objectif est de développer, en permanence, son pouvoir créatif (publicistes, artistes…) ou s’il s’agit de gérer ses affects face à la caméra, aux médias (acteurs, politiques), à ses salariés, à la difficulté de certains dossiers compliqués (avocats, hommes de lois), etc… etc…

Enfin, et cela n’est pas rare, cela peut durer 3 à moins d’une dizaine de séances, notamment, si le patient part en hypnose plus ou moins profonde. S’il est sensible à certaines inductions hypnotiques que je peux être tenté de mettre en action selon son désir bien « entendu ». Bon… parfois je ne propose, ni ne préviens ! Et pour être là encore très clair, les suggestions d’exploration, les questions que je peux poser, en premier entretien et au début éventuellement, des séances sont de véritables ancrages, déterminations d’objectifs thérapeutiques en mode hypnotique donc (PNL ou pas), et qui produisent alors un état d’introspection, de transe plus ou moins profonde. Les inductions que j’utilise se proposent en séance en fonction de ce que présente comme disposition mentale le patient.

C’est ce que l’hypnose à apporter à ma praxis.

En tout cas, il n’y a pas d’obligation de…

Il est aussi très rare que l’analyste rappelle l’analysant s’il manque une séance. Acte manqué ? Volonté consciente, résistance ? Évidemment, quelques heures, jours après, l’on prend des nouvelles. Cela peut quand même attendre quelques heures ! Le temps de se retourner, d’analyser pour le patient sa ou ses résistances.

Cela fait partie du travail et ça dépend de la tension nerveuse du patient qui peut passer par des moments difficiles de remise en question, de changements, de mutations. Et cela ne se fait pas sans dégagement d’énergie, sans déplacements pulsionnels.

De toute façon, il y a relation de confiance, transfert sinon pas de réel travail psychanalytique. Ainsi, il n’y a pas de risque de décompensation comme bon nombre de « psychiatres-droguistes » le vivent lorsque leurs clients passent à l’acte et se font mal… Voire trop mal…

Encore, si l’analyste a peur, c’est mortifère et il n’en est alors pas un… Que cette personne retourne à la psychologie. Pas de plaisanterie.

Enfin, un analysant peut pousser son travail, jusqu’à lui-même devenir analyste. Bien souvent, là on parle d’une dizaine d’année. Dans ce cas, il poursuivra son analyse jusqu’à pouvoir passer, subir le système de la passe et pouvoir suivre des patients. Alors, il pourra commencer, voire continuer sa formation technique par des suivis de formations, par des participations à des cartels et en gestion permanente d’éventuels contre-transferts avec un ou plusieurs (X3) contrôleurs.

Un vrai psychanalyste est un praticien qui a des patients, qui se sent bien et qui en vit…

Car je le rappelle et insiste : les patients qui viennent sur le divan ne sont pas obligés par quelques prescripteurs institutionnels mais seulement ob(« devant » en latin)-ligés (vient de ligare, lier) par leur propre désir de changer, d’évoluer, d’avancer.