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Terminologie, la technique

Les concepts de la psychanalyse ne constituent pas une grille que l’on pourrait appliquer sur la réalité pour la décrypter. Ce sont simplement des outils à couper, à rompre, à trancher symboliquement, des nœuds de parole et de significations, des outils à sectionner des mots et des sens et à les renouer de manière à ce que le souffle de l’inconscient se remette à circuler de façon satisfaisante. Psyché, en grec, signifie « esprit » et analysis, « souffle vital » c’est l’épouse éternelle d’Eros.

La règle fondamentale

Le principe curatif de la psychanalyse est la règle fondamentale. Elle consiste au cours des séances à appliquer systématiquement la « libre association » des signifiants.
Ce sont des éléments du discours qui représentent la personne et la déterminent. Ils raisonnent « résonnent » dans son inconscient comme l’écho d’une voix d’outre-tombe. Ils sont propres, ainsi que leur organisation, au référentiel du patient.
L’étude de l’inconscient, avec sa méthode d’investigation et de cure qu’est la règle fondamentale je le répète! , constitue le carburant, l’essence même de la psychanalyse. Cf.Le chapître « l’Inconscient, qu’est-ce que c’est? »

L’inconscient c’est du langage par Guy Massat

La libre association

l’Association libre? Qu’est-ce-à-dire?

C’est laisser votre « flow » se déverser et dire juste-ment tout ce qui vous vient à l’esprit en suspendant systématiquement tout jugement sur vous-même, sans vous censurer.
C’est associer sans gêne les éléments les plus disparates de votre propre vie, passer du coq à l’âne, mettre votre main à couper au feu etc…
« Tiens, c’est bizarre mais quand je décris les détails de mon rêve ça me fait penser à un truc qui n’a rien à voir mais… »
« D’ailleurs, ça me rappelle une histoire que j’avais complètement oubliée et qui n’a aucun rapport… »
Il faut laisser le mouvement de la parole se faire. S’entrainer à cet exercice psychique. La psychanalyse n’est pas, c’est le kinésithérapeute (kinesis veut dire mouvement) qui parle, une orthopédie de plus pour le conservatisme social, mais la voie réelle menant aux richesses refoulées de votre inconscient. Surtout pas de censure. l’inconscient est structuré comme un langage et en disant ou en faisant fermenter, suer, votre cerveau d’une certaine manière tout en ayant un objectif en tête! (moins souffrir, mieux parler, se débarrasser d’un symptôme, changer…) vous irez chercher et travailler là où il le faut sans que le conscient y ait accès. Comme en écriture automatique, par exemple, en hypnose Ericksonienne. Même principe.
« Je ne sais pas pourquoi j’ai écrit ça mais maintenant que c’est fait, je me sens libéré d’un truc… Peut-être en rapport avec… en tout cas c’est spécial… » ou encore
« une drôle de chanson raisonne dans ma tête… c’est « Au clair de la lune » . ( voir cas d’une anorexie )

La psychanalyse est une expérience de parole, commandant, réorganisant, désorganisant un réexamen du champ du langage et de ses éléments constitutifs, les signifiants. Le signifiant est un élément du discours , repérable au niveau conscient, qui représente le sujet et le détermine. Il résonne, raisonne.

L'hypnose, la suggestion indirecte

Qu’est-ce ? et que suggère t-on ?

C’est une forme de langage, d’expression qui est censée échapper au conscient. En psychanalyse, elle est un des rares moments où l’analyste peut parler. Mais soyons clair, cela n’est nullement destiné à suggérer quelques éléments de compréhension ou de solutionnement correspondant à une problématique.
La suggestion indirecte (S°I) est une incitation à la recherche d’éléments de langage, à l’approfondissement de l’état d’hypnose ou de transe (amplification de phénomènes hypnotiques, lévitation de main, etc…) ou encore d’introspection. Elle est destinée à faire émerger la vérité signifiante du patient quelque soit le biais.
La S°I est donc non directive et très globale, en opposition à spécifique, ce qui est un des principe du Milton-modèle. Mais pour ma part, contrairement à l’hypnose Ericksonienne « pure », la S°I est stimulatrice du symbolique et non de l’Imaginaire (mais qui est structuré via des symboles). Le tout étant de dégager le Réel, du symptôme du patient.
La S°I motive le patient, le rassérène quand à ses potentialités cathartiques, ses ressources.
La S°I est un moyen de contourner, de combattre les résistances du patient.
La S°I peut prendre différentes formes : Des questions ouvertes qui engendrent une recherche inconsciente (Je ne sais pas si, et je me demande, si les enfants souffrent toujours lorsque leurs parents se disputent…?), des métaphores, des histoires avec « homme de paille » (J’ai connu un jeune homme qui… Un jour j’ai lu que….etc…) , des doubles négations (Il n’est pas nécessaire de ne pas faire, ne pas savoir) ou encore des silences. Et oui, le silence est une S°I. Mais parfois, il faut savoir parler et aider par le « son », le sein en allemand, le sien, le sein maternant. Je dis cela pour les « Psy » qui ne parlent pas, jamais ou trop peu.
En tout cas, notre parole se limite à ça.
Le but est avant tout de faire re-découvrir au patient des choses auxquelles il ne prêtait plus attention. Le rendre actif de sa séance.
La majorité des gens ignore que la plupart des processus mentaux sont autonomes. Ils croient qu’ils pensent en dirigeant leurs propres processus associatifs.
La S°I est là comme outil pour aider à trancher les chaines signifiantes. Elle délivre de certaines chaines qui ralentissent la marche du patient.

L’interprétation

Je n’apprécie guére les définitions que l’on trouve sur ce sujet. On reproche souvent aux « psychanalystes » , entre guillemets alors, et aux psychologues, d’user systématiquement de l’interprétation dans un but de ramener tout discours à une signification sexuelle stéréotypée… Rachida Dati dit « fellation pour filiation », elle aurait envie de gâter l’intervieweur ? Ridicule . Un homme oublie son parapluie chez une femme c’est qu’il aurait une proposition indécente à lui faire ? c’est de la « psychanalyse sauvage » disait Freud… ravageur… Moi j’appelle cela de la « connerie » au sens lacanien.

Et ainsi, l’on pourrait avoir tendance à croire que c’est l’analyste ou le « psy » qui interprète le lapsus ou l’oubli, et en donne le sens. Pas du tout !

C’est d’ailleurs pourquoi j’ai créé ce chapitre et inventé l’expression FAIRLA = Fonction de l’Analyse et de l’Interprétation suivant le Référentiel Langagier de l’Analysant.

C’est cette « affaire-là » qui intéresse.

Si l’intervention du psychanalyste tend à faire surgir, à partir du contenu manifeste, le sens latent que cache le rêve ou encore tout autre expression ou formation de l’inconscient (Angoisses, inhibition, lapsus, symptômes du corps etc…), ce n’est qu’en stimulant les propres associations de l’analysant. Et elles sont libres. C’est l’association libre.

La pratique de l’interprétation suppose donc la prise en compte des associations du sujet. Et lui seul est en mesure d’indiquer, de repérer, les évènements ou les pensées que peuvent lui rappeler les différents éléments, appelés signifiants, de son lapsus par exemple.

Parfois, je dis  » Utilisez votre rêve comme un prétexte pour parler de vous « . (Un Pré-texte).

Pour en revenir particulièrement au rêve, si celui-ci réalise un désir, mais si, en même temps, le compromis avec la censure fait que ce désir reste dissimulé, il est alors nécessaire de faire interpréter le rêve manifeste pour en faire ressortir le rêve latent. Et si J. Lacan a opéré le recentrement de la psychanalyse sur le champ du langage (L’ics est structuré comme un langage) ; il permet de répondre en terme de solution technique à cette difficulté. Ce qui caractérise le langage humain c’est la polysémie : un même mot à plusieurs sens différents, surtout si on les coupe, les déforme et si on les relie à des mots personnels, les signifiants, chargés de souvenance, d’images, d’anecdotes, de sensations mnésiques ou sensorielles qui nous font penser à…

Ce à quoi l’analyste prête attention, c’est à la séquence acoustique elle-même, la chaine signifiante, et particuliérement à son organisation temporelle.

Donc même s’il existe des symboles qui prévalent pour « tous » dans une même culture sociétale, il n’est pas question de proposer de dictionnaire de l’interprétation des rêves ou autres actes manqués, oublis etc… etc… car c’est FAIRLA.

La formation du psychanalyste

Le psychanalyste est une personne, médecin ou non, qui a effectué sa propre psychanalyse sur plusieurs années avec un psychanalyste reconnu comme tel.

Il a acquis, tout au long de ces années, en plus de l’expérience de sa propre psychanalyse, la transmission de la théorie psychanalytique par ses pairs, tous psychanalystes et ayant reçu des patients.

A l’issue de son analyse et de sa formation analytique, il est donc  reconnu psychanalyste après avoir subi la « Passe », instaurée par J. Lacan.

Le « passant » qui estime avoir terminé son analyse et surtout manifeste le désir de transmettre son savoir inconscient et d’aider son prochain, doit témoigner de son expérience, articulée par ses propres événements identitaires remarquables. Il rencontre alors 3 passeurs, psychanalystes reconnus qui rapporteront ensuite leurs avis à une commission de passe, cartel ou jury. (Pour ma part ce fut à « l’Effet freudien » Paris, en 2004).

Lacan appelait « la passe », le fait de passer de l’inconscient des psychologues à cet inconscient psychanalytique. (Cf. définition de l’Inconscient).

Ce n’est ni un rituel ni une initiation ni un examen des connaissances. Freud soutenait, lui aussi qu’à la fin de l’analyse on devait être convaincu de l’existence de cet inconscient.

Et le travail d’analyste commence là. Le psychanalyste nouvellement reconnu, est tenu, de poursuivre son travail analytique personnel avec d’autres psychanalystes tout au long de sa pratique, ce que l’on appelle le contrôle.

Les premières années, il est particulièrement tenu de s’y soumettre . Ces supervisions, sur son travail de prise en charge de patients se font, bien évidemment, via des psychanalystes confirmés, plus expérimentés que lui.

Et si cela n’est pas souhaitable pendant son analyse, rien ne l’empêche, après celle-ci, de suivre des séminaires, de lire abondamment, de se cultiver et d’acquérir une connaissance dans divers domaines jouxtant la psychanalyse….mais aussi afin d’être dans l’air du temps, de suivre les phénoménes de société car ces « faits nous mènent »… Pour ma part, cela paraît incontournable.

Comme le dit J. Lacan, « le psychanalyste participe du scribe. Il est le témoin, le dépositaire, le garant, le gardien de ce qui est dit sur le divan ».

images Psy site internet 2014

Le psychanalyste c’est aussi l’analysant, qui au cours de son analyse, s’est découvert un désir de devenir analyste et dont les qualités primordiales sont le sens de l’écoute, disposition qui ne s’apprend pas, la bienveillance, l’amour de son prochain ou de l’autre, l’intelligence sensible, la capacité à l’identification transitionnelle.

Son engagement en matière de respect de la parole d’autrui, de confidentialité et de non ingérence est essentiel. Il appelle à une neutralité excluant tout jugement de valeur quel que soit ce qui lui est confié. Evidemment, il ne donnera jamais de conseils car il ne détient pas la vérité du patient d’autant que ce dernier la recherche comme objet de son désir.

L’analyste est donc celui qui prend au sérieux cette impossible « souffrance », à supporter ce qu’il tient pour unique. Il est là en témoin, en gardien et a pour mission d’aider la personne qui souffre sur son divan, à apprendre à lire les messages de son inconscient à travers les camouflages, travestissements et autres subterfuges de celui-ci car ce dernier ne s’exprime pas comme le conscient. (Se conférer à l’utilité des objets topologiques qui permettent de voir les choses sous d’autres angles).

Le psychanalyste attend du sujet, qui est venu demander de l’aide, qu’il dise à travers ses paroles ce qu’il ne sait pas qu’il sait, et ce, afin que lui, le psychanalyste puisse souligner, ponctuer par des interrogations, le discours du sujet, cet inconscient qui joue à cache-cache. C’est d’ailleurs, ce même inconscient qui crée le temps de la séance, tantôt apparaissant, tantôt disparaissant et qui exige du psychanalyste une énorme dose de tact dans le maniement du temps de la séance.

Et si l’interprète qu’est le psychanalyste sait intervenir, ni trop tard, ni trop tôt, sait saisir au moment opportun, le message crypté dont est porteur le discours du sujet, alors, des effets de vérité émergeront et pourront se constituer en Savoir, « ça-voir ».

Les résistances

Les résistances ou plutôt la résistance est avant tout ce qui fait obstacle au travail de la cure. Cette notion pour Sigmund Freud désigne l’effet que produit dans la cure le refoulement lui-même, soit à dire l’ensemble des phénomènes qui entravent les associations « pas libres alors » et provoquent même des silences.

Il est cependant nécessaire à mon sens de faire intervenir la question du transfert. Lorsque le patient s’approche trop du fond du problème, il reporte bien souvent sur la psychanalyse ou sur l’analyste lui-même ses préoccupations sous forme d’attitudes agressives ou tendres qui ne sont rien d’autres que des expressions de ses propres inhibitions, symptômes et angoisses qu’il n’arrive pas alors à verbaliser.
Le transfert fonctionne alors comme résistance , lieu où le sujet répète ce qui pour lui fait obstacle.

Car entreprendre une psychanalyse n’est pas facile.
C’est dur de vaincre nos résistances pour prendre la haute mer de l’inconscient et quitté la tranquille certitude des côtes sereinement établies sur la confusion des genres.
C’est difficile de rompre avec le conformisme moralisateur et la langue de bois du moi et des systèmes théoriques et il n’est pas aisé de creuser profond tout en s’attachant à la surface des choses.

Il n’est pas simple de « distancifier », pas commode de trouver les mots les moins faux possibles pour parler véritablement de soi.
Changer le paradigme de l’inconscient ne se fait qu’à l’arraché. Quand l’humeur est aigrie, triste et inféconde, c’est que l’inconscient est coincé et pour le libérer (analyse signifie libération) vous n’avez comme arme que ces seuls «  seuls objets dont le néant s’honore (sonore) », c’est-à-dire les mots.

Pour Jung, et j’aime bien sa position, la résistance prend valeur d’un concept propre au cadre de la psychologie analytique. Ce concept désigne alors le fait de ne pas être ouvert à soi, à sa réalité et à la réalité extérieure. Et finalement de rester en lutte d’abord contre soi-même mais aussi finalement contre le reste du monde. Il s’agit pour le sujet, de rester dans une forme d’aliénation, fut-elle légère, à l’exemple de la névrose. C’est dans son ouvrage L’homme et ses symboles que Jung illustre ce qu’est une résistance, d’ailleurs, il rend hommage, dans cet ouvrage, à Freud, pour son travail sur cette notion psychanalytique.

Dans la perspective jungienne, questionner l’inexistence de ce concept (ou d’un autre) et refuser de discuter avec soi-même se nomment « être en résistances ». Il parle de misonéisme au sujet de nombreuses découvertes des sciences.

Exemple de résistances (ou misonéisme) selon Jung:

  • « Celui qui nie l’existence de l’inconscient suppose en fait que nous connaissons aujourd’hui totalement la psyché. Et cette supposition est d’une fausseté aussi évidente que la supposition que nous connaissons tout ce qu’il y a à connaître de l’univers physique.
  • Notre psyché fait partie de la nature et son énigme est aussi dépourvue de limites. Il en résulte que nous ne pouvons définir ni la psyché, ni la nature. » in C.G. Jung  » L’homme et ses symboles « , Robert Laffont, 1964 p 23.
  • Bon nombre de personnes ne croient pas que l’inconscient existe ou qu’ils possèdent une vie intérieure. On dit alors qu’ils sont en résistance, cette résistance à eux-mêmes se manifeste aussi dans les prises de position anti-analytique ou anti-psychologique de certains, c’est ce que l’on nomme le misonéisme.
  • « La psychologie est une science des plus jeunes et parce qu’elle s’efforce d’élucider ce qui se passe dans l’inconscient, elle se heurte à une forme extrême de misonéisme. » in C.G. Jung  » L’homme et ses symboles « , Robert Laffont, 1964 p 31.

Après l’on peut citer des exemples plus pratiques de résistances:

– Se mentir et tourner autour du pot. Bon, bien souvent il faut passer par des détours! mais quand même… Après c’est à moi de faire en sorte que….

– Evidemment: Oublier de venir à sa séance. Tout les stratagèmes sont bons… Après… Il y a parfois du hasard! du réel! . Je précise  tout de suite cela pour les véritables escrocs de « psy » qui font payer la séance sans réelle raison ou par autoritarisme. Bon sang! on l’entend! au téléphone si le retard du métro est vrai et encore si l’analysant est parti assez tôt! Enfin s’il a tout fait pout venir à sa séance… on le sait immédiatement.

– Arriver en retard à chaque rendez-vous (pour écourter l’épreuve de la séance).

– Tomber malade histoire de «souffler un peu».

– Interrompre l’analyse sans chercher à comprendre pourquoi on réagit ainsi. Cette dernière résistance est la plus grave, car en reculant devant l’épreuve, on renforce encore plus ses résistances, et encourage une répétition future.

– Parler théorie psychanalytique plutôt que de parler de soi-même.

– Oublier de noter ses rêves? ou bien le contraire! , venir avec un rêve à chaque séance.

– Ne pas repérer ses expressions de l’inconscient, Actes manqués, oublis etc..

-Dire que l’on n’avance pas (alors que quelques minutes après on se rend compte que l’on à bouleverser ses fonctionnements).

Le transfert

C’est d’abord un lien qui s’instaure dans les temps présents, de façon automatique, entre le patient et l’analyste.
L’établissement de ce lien affectif intense est spontané, incontournable et indépendant de tout contexte de réalité.

Le transfert a été repéré par Freud dans les premières cures, notamment celles effectuées par Joseph Breuer. Il était alors vu comme un simple déplacement d’affect d’une personne à l’autre, en l’occurrence l’analyste. Freud a aussi utilisé le terme de « mésalliance » pour désigner ce phénomène.
Après…, le transfert est, d’abord et avant tout, un phénomène humain qui s’éprouve à des degrés variables dans toutes les relations entre individus : C’est évidemment dans la relation magnétiseur-magnétisé puis dans la relation hypnotiseur-hypnotisé et enfin, de nos jours de manière moins flagrante, dans la relation médecin-malade qu’il s’éprouve.
Beaucoup de patients, à un moment donné de leur analyse, peuvent éprouver des sentiments envers leur analyste : frustration, désir, colère… Certains ont, par exemple, l’impression que leur thérapeute les méprise. Il est alors essentiel de se poser les questions suivantes : avec qui ai-je déjà éprouvé un tel sentiment? Qui aurait déjà provoqué cela? Dans quelles conditions? Qu’est-ce que cela a suscité chez moi…? Ce transfert qui s’opère permet de retraverser ces ressentis, d’en prendre conscience, de les nommer et de s’en débarrasser. 
Mais pour cela, il est extrêmement important que le patient dise tout à son analyste, sans rien censurer, même s’il a peur de lui faire de la peine. Il doit lui parler des doutes, appréhensions ou ressentiments qu’il peut nourrir à son égard car il y aura toujours derrière ces réactions, quelque chose d’intéressant à creuser.

le contre-transfert ?
Ce sont les sentiments que le psychanalyste pourrait éprouver pour son patient en fonction de sa problématique. En bref, il est la somme d’affects suscités chez l’analyste par l’analysant. C’est en quelque sorte l’inconscient de l’analyste qui se met au travail avec celui de son patient. Mais le thérapeute doit repérer ses réactions pour éviter qu’elles ne perturbent son travail. S’il ressent un excès de sympathie ou d’agacement, il doit s’interroger
car s’il se laissait submerger par ses propres sentiments, il ne pourrait plus entendre son patient. Il incombe donc au psychanalyste de toujours trouver la juste distance. D’où l’importance de sa formation, de son professionnalisme et du contrôle qu’il doit effectuer avec un de ses pairs.
Maintenant, au delà de vouloir analyser, du point de vue de l’analyste, ce contre-transfert, Lacan nous rappelle et, je suis bien d’accord avec lui, qu’il faille prendre en compte le fait que, lorsqu’un patient s’adresse à lui, il lui suppose, par avance, un savoir sur ce qu’il cherche en lui même. (ce qui est vrai, mais attention, il s’agit d’un savoir inconscient, le S2, voir mathèmes 4 discours).
L’analyste, du simple fait qu’on lui parle, est utilisé par l’analysant comme support d’une figure de l’autre, d’un sujet supposé au savoir inconscient. Lacan encore nous rappelle qu’il ne peut y avoir de parole proférée, ni même de pensée élaborée sans cette référence au « grand Autre » auquel implicitement nous nous adressons et qui serait le garant du bon ordre des choses, d’un système accompli de valeurs…